Le brexit et après…ou comment reconstruire

2016 est une année charnière pour l’Union Européenne avec l’arrivée sur son sol des réfugiés, le terrorisme islamique qui l’a frappé, l’Angleterre qui a décidé de quitter l’Union européenne et les conflits au Moyen-Orient et au Proche-Orient avec les répercussions directes dans les pays d’Europe.

Ces événements majeurs ont atteint l’ordre global de l’Union et contribué grandement à affaiblir la cohésion des institutions de l’Europe occidentale.

Ainsi, pour les opinions européennes les relations entre la géopolitique, l’économie mondiale et leurs conséquences sur la situation de nos pays, sont apparues en pleine lumière et nous constatons qu’elles ont tendance à opérer le choix d’un retour à la nation.

Cette situation de fait est préoccupante, le nationalisme exacerbé n’ayant jamais été porteur dans l’histoire européenne de périodes « favorables ».

Concernant particulièrement le brexit, ce dernier a été porté par l’émotion et les électeurs britanniques ont tranché sans qu’aucun projet politique ou économique n’ait été proposé en amont par le gouvernement anglais, ce qui ne manquera pas de poser et pose déjà, pour le moins, des difficultés de mise en œuvre et de redéfinition des relations que la Grande Bretagne devra établir avec l’Union européenne.

Il pose des problèmes de mise en œuvre dans la durée : l’article 50 du traité de Lisbonne, selon les autorités anglaises, sera déclenché « avant fin mars 2017″ et prévoit un délai de deux ans pour se mettre d’accord sur les termes pratiques, politiques et financiers du divorce.

De nombreux experts estiment que les négociations dont la liste est longue et complexe, dureront entre cinq et dix ans… ce qui pose la question des relations pendant la période transitoire entre la sortie effective du Royaume-Uni prévue par l’article 50 et l’entrée en vigueur de son nouveau statut qui vraisemblablement prendra plus de temps encore.

Aussi, face aux défis à relever et aux enjeux majeurs qui se présentent à elle, la France doit mobiliser tous ses acteurs diplomatiques et redonner espoir à l’Europe continentale.

Elle doit faire évoluer la position politique du couple franco-allemand sur le sujet et nouer un nouveau partenariat avec le Royaume-Uni.

A l’heure où le brexit change réellement les données de la construction européenne, la diplomatie française actuelle qui se cherche et qui a peine à trouver des solutions, on le voit dans sa gestion calamiteuse de la crise des migrants, doit être animée de cette force.

Mais s’en donne-t-elle les moyens et en a-t-elle la volonté ?

 Marie-Louise FORT

semaine du 10 octobre 2016

 

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